Résistance

    Il y a 50 ans, René DUMONT et d’autres lançaient un signal écologique que tous les pays développés aurait dû prendre en compte, où ils préconisaient une gestion à l’échelle mondiale de toutes les ressources de la planète. Au lieu de cela, l’économie et les gouvernements poussaient la machine industrielle à fond, stimulés par la guerre froide contre l’URSS, tous en course pour le PIB, poussant à la consommation et dopant leurs entreprises dans une promesse de «plein emploi». C’est là qu’ils ont abandonné la création monétaire au profit des banques privées devenant dépendants de la finance à travers les agences de notation. Les décennies suivantes, les gouvernements ont vu grimper leur endettement et ont privatisé à tout va pour réduire la dette, y compris des secteurs publics qui touchent directement le territoire (EDF, télécoms, autoroutes, poste,…) et la vie sociale de ceux-ci en bradant ces services et déroulant un tapis rouge aux entreprises et au capital. Les états s’appuyant par idéologie néolibérale et par intérêt sur les entreprises pour cette course à la puissance, ont laissé le capital s’internationaliser et ont aidé les entreprises quitte à nationaliser les pertes. Les pays ont renoncé à tous les leviers permettant de gouverner et d’être indépendants, focalisés sur la compétition au PIB et la croissance, oubliant toujours un peu plus les humains et l’écologie, et alimentant le capitalisme et le 1% le plus riche, ils ont financé les banques qui prêtent à tour de bras pour maintenir le système.

    Système basé sur la sur-exploitation de la planète qui n’a qu’un seul objectif, produire du dollar que différents sites internet et autres fondations et associations écologiques tentent de verdir, en plantant des arbres pendant que dans d’autres pays on éradique des forêts avec du glyphosate, mais aucun ralentissement de l’économie de la planète, bien au contraire. Les pays déplacent des milliards de tonnes de cultures OGM et de produits imbibés de chimie, des productions éphémères et polluantes inondent les sites de ventes en ligne, on va investir des centaines de milliards pour la 5G et remplacer l’existant et les mobiles, sans s’assurer des risques et conséquences écologiques. Toute cette course consumériste vide la planète et génère une pollution que vents et marées exportent sur toute la planète. Les organisateurs, dirigeants de multinationales dopés aux stock-options et poussés par les actionnaires, par la carotte ou le bâton poussent leurs personnels à produire toujours plus et moins cher et peu durable, pour consommer toujours plus. Les entreprises se rachètent les unes les autres et diversifient leurs activités, en maintenant une pseudo concurrence quand les actionnaires sont les mêmes. L’écologie est écrasée par la compétition économique, et le sera encore plus si on ne limite pas la rentabilité du capital, la terre ne doit plus servir à nourrir cette compétition que les pays se livrent à travers les multinationales, qui se servent des pays tant qu’ils coopèrent à leurs profits. La France budgète 300M€ (milliards €) pour faire vivre les 66 millions de français, quand le CAC40 offre 57M€ à quelques actionnaires qui vont spéculer dans le système financier.

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    Ce dessin montre l’énergie globale utilisée depuis 1965 à nos jours avec projection pour le futur, or je doute que l’énergie verte compense celle fossile qui émet du CO2 et devient rare, et même si on y arrivait, la demande de matières premières et de ressources diverses est telle, que le plus accessible a été consommé et que les générations futures n’auront plus rien. Or la pénurie annoncée n’est pas gérée mondialement par les gouvernements (et le serait-elle équitablement pour tous les pays), ce qui nous mènera à des conflits voir des guerres, car sans ressources ce n’est plus un coup de frein mais un choc brutal avec la réalité, car la vitesse exigée par l’économie n’est pas celle de la planète et de la nature et cette économie hors sol va créer de gros désordres sociaux. Or que font les gouvernements? Ils s’affrontent économiquement, les USA contre la chine, les pays européens se volent la main-d’œuvre sous payée, la Russie vend ses armes en concurrence avec les USA, et des guerres locales sous prétexte religieux éclatent sur toute la planète. Les actions écologiques sont superficielles, quand il faudrait une réduction de 5 à 10 de l’impact écologique (selon les pays).

    Toutes les pétitions et manifestations pour le climat (écoliers compris) ne changent pas le raisonnement des gouvernements fidèles à la compétition et à la croissance, au « travailler plus pour payer des retraites », et rembourser une dette, alors que plus de 95% de l’argent/dette créé par les banques ne sert qu’à spéculer, ils poussent des milliards d’individus à s’agiter encore plus, et plus longtemps. Nous ne pouvons laisser nos enfants mener un combat que nous avons causé, l’avenir de l’humanité demande que nous unissions nos efforts pour tuer ce capitalisme néolibéral qui nous mène à notre perte, et qu’aucun gouvernement ni parti seul (même écolo) ne pourra renverser, car il nécessite une action mondiale qu’aucun organisme mondial n’est capable de décider. Les grosses entreprises ont plus de poids sur l’avenir de la planète que les pays et n’hésitent pas à aller plus loin qu’eux pour conquérir toujours plus de profits.

    C’est nous citoyens du monde qui devons par des actions pacifiques (orchestrées par des partis ou associations écolos) impacter l’économie et dérégler le cours des actions boursières, renverser cette économie, et mettre les gouvernements en obligation d’agir et de choisir leur camp, l’humanité et la planète ou le capital et la finance. Les humains des pays riches sont prêts à faire un effort et consommer 5-10 fois moins, mais les entreprises vont en sens contraire. Je veux bien ne plus utiliser de plastique, mais les entreprises nous l’imposent. Je veux moins polluer avec ma voiture, mais on me propose des SUV et 4X4 toujours plus lourds et sur-motorisés qui consomment trop (pour rouler à 50Km/h de moyenne). Je veux consommer local mais la nourriture parcoure des milliers de kilomètres avant d’être consommée, des milliers de porte-containers et camions transportent une production dont la pollution a été délocalisée mais assumée. On consomme sans compter les ressources terrestres qui ne sont pas infinies pour fabriquer l’argent qui rémunère un capital qui croît et qui spécule contre l’humanité et l’écologie.

    On a limité la vitesse sur les routes pour diminuer le nombre d’accidents mortels, de même, il faut limiter le revenu du capital, arrêter la course au dividende et au monopole (fusion Renault/Fiat), le plafonner juste au-dessus de l’inflation. Il faut un autre modèle économique qui respecte les cycles de la planète et l’expliquer sur un site mondial, pour imposer une dictature économique contre ce néolibéralisme, avec une prise en compte du stock des ressources, de leur exploitation et de leur répartition dans l’équité et dans le temps, pour que nos enfants aient un juste nécessaire pour vivre dans la dizaine de siècles à venir. C’est parce qu’il n’y a aucune restriction sur les ressources que l’économie s’en goinfre pour faire plus de dollars et plus de CO2, et enrichir ce 1% de la planète. Nous sommes responsables, mais drogués, obligés de travailler pour un système (anti-écologique parfois) que gouvernements et entreprises entendent perpétuer et dont notre gesticulation n’arrive pas à freiner le système. Les gouvernements (de toutes couleurs) sont otages de l’économie et mènent le train du monde à grande vitesse, et nous demandent de freiner avec un pied, et de courir avec l’autre pour maintenir une croissance, ils ne contrôlent plus rien et simulent de l’écologie.

     Le site mondial doit orienter la consommation vers les acteurs qui ont adopté cette nouvelle économie, et pour l’imposer dans certains secteurs, plutôt que maintenir une fausse concurrence entre acteurs, offrons le monopôle à un seul et boycottons tous les autres, ce que le site mondial précisera. Appliquons la devise le gagnant prend tout, obligeant les actionnaires boycottés à choisir entre une économie qui paie peu mais fait vivre, ou tout perdre. L’acteur qui optera pour cette nouvelle économie sera signalé sur la site mondial, après vérification.

    Le secteur bancaire peut servir d’exemple s’il résiste, et qu’aucune banque n’accepte ces nouvelles règles économiques, le site désignera une seule banque et nous migrerons économies et compte courant vers celle-ci, en boycottant toutes les autres, jusqu’à qu’une banque accepte la nouvelle économie. Cette action, où chaque billet de banque votera pour vous, sera plus efficace que toutes les marches pour le climat. Secteur d’activité par secteur d’activité il obligera les multinationales et les pays à migrer vers une économie au service de l’humanité et de la planète, mais obligera les gouvernements à reprendre les commandes de l’économie car le peuple lui, prendra ses responsabilités.

    L’économie doit faire vivre tous les humains, et nous faire agir très vite pour qu’une transition écologique sociale sauve l’humanité et la planète, et offre un avenir plus serein à nos enfants car le capital tel un trou noir aspire tout pour grossir toujours plus. La vitesse de détérioration de la planète dénoncée par des centaines de scientifiques, et que les anciens perçoivent trop, doit nous faire agir très vite, et aller vers plus de sobriété des ressources, et vers un juste nécessaire.

(Mis à jour le 13/07/2019)

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Une réflexion sur “Résistance

  1. Ping : Les Grandes Bouffes Par Michel Onfray – Le blog A Lupus un regard hagard sur Lécocomics et ses finances – DE LA GRANDE VADROUILLE A LA LONGUE MARGE

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